Après des années de vaches maigres et d’atonie des marchés financiers, certains (dont moi-même) on pu s’interroger sur l’intérêt d’une introduction en bourse de leur start-up pour y trouver les moyens de leur développement futur.
Nul doute que cette possibilité va maintenant réémerger suite à ce mois de février aux airs printaniers avec l’introduction de pas moins de trois sociétés spécialisées dans les sciences de la vie.

1) La société INTRASENSE et sa plateforme logicielle MYRIAN, qui permet d’assister au mieux ses clients dans leur besoins en terme de visualisation d’images médicales en lien avec le diagnostic ; laquelle réussit à lever un peu plus de 4 millions d’euros.

2) La société de biotechnologies ADOCIA qui elle réussit à lever près de 29 millions d’euros pour poursuivre le développement de son portefeuille produit, notamment en lien avec sa technologie BIOCHAPERONE® permettant d’améliorer les propriétés de protéines thérapeutiques et qui a fait l’objet d’un accord de licence avec ELI LILLY.

3) Enfin, et non des moindres, la société EOS IMAGING qui conçoit, développe et commercialise EOS®, un système d’imagerie fondé sur les travaux du Prix Nobel de Physique Georges CHARPAK et qui réussit à lever près de 38 millions d’euros pour pérenniser et poursuivre son développement.

Un grand bravo donc à leur équipes et gageons que d’autres « hirondelles » les rejoindrons bientôt.

Le CNRS a mis à la disposition des PME 1000 familles de brevets sélectionnées dans son portefeuille, avec pour but notamment de soutenir l’activité commerciale des PME acquéreuses et d’accélérer son transfert de technologie.

Les PME qui le souhaitent peuvent acheter, contre une modeste contrepartie de quelques milliers d’euros et sans redevances, une ou plusieurs familles de brevets du CNRS. Ces brevets, sont sélectionnés dans le portefeuille brevets du CNRS et n’ont pas déjà fait l’objet de licence. Le transfert des résultats du CNRS vers la PME est total. L’entreprise ayant acheté au CNRS une famille de brevets peut elle-même, par la suite, accorder des licences.

Cependant, en échange, la PME doit monter un programme de recherche avec le ou les laboratoires du CNRS à l’origine du brevet, afin d’adapter l’invention à ses besoins. Ce programme de recherche est co-financé par le CNRS et la PME, qui pourra bénéficier des aides habituelles telles que le Crédit Impôt Recherche et Oséo, ou les différentes aides des collectivités locales. Toutefois, Pierre Gohar, directeur de l’innovation et des relations avec les entreprises indique que « les brevets choisis ont tous un niveau de maturité élevé, et cette étape ne prendra qu’un an au maximum ».

Un des autres objectifs du CNRS dans cette opération est de sensibiliser les chercheurs à la culture entrepreneuriale. De plus, d’après Pierre Gohar, « Une partie de la somme forfaitaire payée par la PME sera reversée aux inventeurs des brevets », ce qui devrait permettre de motiver les chercheurs.

Cette initiative du CNRS a été lancée en parallèle de France Brevets mais elle doit lui être complémentaire et non concurrente, explique Pierre Gohar : « Nous nous apprêtons aussi à signer une convention de partenariat avec France Brevets. Mais elle concernera des brevets encore loin du marché (cinq à dix ans). Rien à voir avec ceux que nous mettons à disposition des PME aujourd’hui. »

L’Inria, à la suite de l’Institut Télécom en juin 2011, a récemment signé un accord avec le fonds France Brevets pour la valorisation de la partie non exploitée de son portefeuille brevets.

L’institut national de recherche pour le numérique (Inria) a signé ce 14 décembre un accord avec France Brevets. Le fonds, va ainsi aider l’Inria à analyser et exploiter la partie de leur portefeuille brevets qui n’est pas valorisée par les voies classiques « à savoir, les partenariats avec de grands industriels, via des laboratoires communs par exemple, qui débouchent sur des brevets conjoints ; la création de start-up, en moyenne 6 par an ; ou encore les programmes de partenariat avec des PME »  explique Michel Cosnard, PDG d’Inria.

De plus, « 50% de notre portefeuille brevets n’est pas exploitable par les voies classiques » précise Bruno Sportisse, directeur du transfert et de l’innovation au sein de l’Inria, et ce, parmi les 300 brevets que compte le portefeuille brevets de l’Inria.

Le rôle de France Brevets sera donc de chercher, parmi ces 50% de brevets non valorisés, des brevets pouvant être regroupés au sein de « grappes technologiques » avec des brevets eux aussi non valorisés du portefeuille brevets de l’Institut Télécom, par exemple, mais aussi d’autres laboratoires publics ou d’entreprises.

Jusque là, les TIC (Technologies de l’information et de la communication) étaient la priorité de France Brevets : « C’est là que les enjeux, les transactions et surtout le nombre de dépôts de brevets dans le monde sont le plus important », indique Jean-Charles Hourcade, directeur général de France Brevets.

Mais, en 2012, France Brevets devrait élargir son champs d’action : « Nous allons nous concentrer sur deux autres secteurs : les nouveaux matériaux et les domaines de sciences du vivant présentant la plus forte valeur ajoutée », précise Jean-Charles Hourcade.

En 2012 également, le fonds, qui est depuis 6 mois en discussion avec le CNRS, devrait signer d’autres accords avec des laboratoires publics ainsi que des entreprises. « Nous discutons avec une dizaine d’industriels, mais les premiers accords devraient être signés avec des PME ou ETI. Pour les grands groupes c’est plus long », ajoute Jean-Charles Hourcade.

France Brevets devrait réaliser ses premières ventes dès 2012, fruits des accords avec l’Institut Télécom. « Suite à l’accord avec l’Institut Télécom, nous avons déjà constitué des grappes de brevets dans des secteurs porteurs », dévoile de directeur général de France Brevets.

Et ces brevets, issus des laboratoires français pourront être licenciés à qui veut, partout dans le monde. « S’ils sont là, c’est qu’ils n’ont pas été valorisés avant en France ou au niveau européen » résume Philippe Braidy, président de la CDC Entreprises et du conseil d’administration de France brevets.

Ainsi, encore moins maintenant qu’avant, il ne va falloir perdre de temps pour exploiter les produits de la recherche française, sous peine de voir ceux-ci partir à l’étranger.

Gilead Sciences, géant américain de biopharmaceutique, a mis 11 milliards de dollars sur la table pour racheter Pharmasset.

Gilead n’a pas froid aux yeux. C’est ce que l’on peut conclure en découvrant que le groupe américain Gilead  a déboursé 11 milliards de dollars, soit 8,1 milliards d’euros, pour acheter Pharmasset, une entreprise de recherche en biotechnologie. Et c’est du jamais vu ; jamais un groupe n’avait misé autant d’argent sur une entreprise de recherche n’ayant aucun produit sur le marché.

La raison qui a poussé Gilead à tenter ce pari risqué est simple : s’octroyer trois candidats médicaments pour le traitement de l’hépatite  C. Et ce n’est pas rien. En effet, l’hépatite C est qualifiée de « bombe virale à retardement » par L’Organisation Mondiale de la Santé. Les symptômes de la contamination étant souvent bénins, les malades bénéficient rarement d’un traitement précoce qui serait pourtant utile. A long terme, l’hépatite C peut entrainer une hépatite chronique, une cirrhose du foie voire un cancer du foie. « Environ 170 millions de personnes sont porteuses de l’hépatite C dans le monde, dont plus de 5 millions en Europe et pourtant, seule la moitié des malades en France savent qu’ils sont infectés » a indiqué le professeur Stanislas Pol, chef de service du pôle d’hépato-gastro-entérologie de l’hôpital Cochin. Et rien qu’en France, l’hépatite C est responsable de 2600 décès par an. 

Déjà leader pour le traitement de l’hépatite B et, alors même qu’il effectuait aussi des recherches sur l’hépatite C, le groupe Gilead va ainsi mettre la main sur un traitement de l’hépatite C par voie orale exclusivement, ce qui représente une alternative intéressante à l’interféron pégylé, nécessitant une injection. « L’acquisition de Pharmasset représente une importante opportunité de changer les paradigmes de soin en mettant au point un traitement entièrement par voie orale quelque soit le génotype viral de la maladie » a expliqué John Martin, PDG de Gilead. 

Actuellement, le candidat médicament de Pharmasset le plus avancé est le PSI-7977, venant d’entrer en phase III de l’essai clinique et qui pourrait être homologué aux Etats-Unis en 2014. Mais Pharmasset a également développé le PSI-938 et le mericitabine, tous deux en phase II.

Par ailleurs, si Gilead a dépensé tant pour s’offrir Pharmasset, c’est aussi parce que la concurrence est féroce et sans répit. Des laboratoires tels que Johnson & Johnson, Roche ou encore Bristol-Myers Squibb ont certainement eux aussi lorgné sur Pharmasset.

De même, alors qu’il est déjà leader mondial des traitements contre le SIDA, Gilead a poursuivi sa stratégie de diversification, commencée par le rachat en 2009 de CV therapeutics,  dans le domaine cardio-vasculaire.

Mais c’est un achat lourd de conséquences, surtout financières, pour Gilead Sciences. Le groupe a emprunté 6,2 milliards d’euros pour cette opération, qui va peser sur ses résultats jusqu’en 2014. D’ailleurs, l’action en bourse Gilead a chuté de 12% suite à l’annonce de cette dépense colossale, ce qui contraste fortement avec la prime de 89% sur le cours de clôture de Pharmasset le 18 Novembre.   

L’équipe de Simodoro participera à cette journée consacrée à la valorisation de la recherche en infectiologie, organisée par Eurobiomed et Inserm Transfert.

Elle aura lieu à l’Europole de l’Arbois à Aix-en-Provence le 18 novembre 2011 à partir de 9h.

Pour plus d’informations, consultez le site d’Eurobiomed sur l’évènement et le programme :

Agenda de la Journée du 18 novembre 2011 – Eurobiomed

Interview de Clarisse Le Salver, Conseil en Propriété industrielle spécialisée dans le domaine du luxe et fondatrice du cabinet LOUISANA®.

Afin de sensibiliser les lecteurs de son blog à la problématique de la Propriété Intellectuelle (PI) dans le domaine du luxe, le cabinet SIMODORO a effectué une interview d’une professionnelle du domaine, Clarisse Le Salver.

Cette interview est composée de plusieurs parties qui vont aborder successivement, au travers des questions, une présentation du parcours professionnel de Clarisse Le Salver, les prestations proposées par les conseils en PI pour les entreprises du luxe et enfin des aspects particuliers de la PI dans le luxe.

“La propriété intellectuelle a ceci d’unique et de passionnant qu’elle s’intéresse à la créativité et à l’inventivité humaine.”

♦ Quelle formation avez-vous suivie ? Quels diplômes avez-vous obtenus ?

J’ai eu la chance d’effectuer mes études de droit en France et en Allemagne, et d’acquérir ainsi un double cursus franco-allemand en droit des affaires.

Puis j’ai complété ma formation universitaire par une spécialisation en droit de la propriété industrielle au CEIPI (Centre d’Etudes Internationales de la Propriété Industrielle), comprenant le droit des brevets d’une part, le droit des marques et modèles d’autre part.

La propriété intellectuelle a ceci d’unique et de passionnant qu’elle s’intéresse à la créativité et à l’inventivité humaine. J’ai donc souhaité en faire mon métier.

♦  Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai commencé mon parcours auprès de la direction de l’innovation d’un grand groupe automobile, ce qui m’a permis d’acquérir une expérience significative de la négociation et la rédaction des contrats de transfert de technologie.

Puis j’ai rejoint un cabinet de conseils en propriété industrielle et suis devenue Conseil en Propriété Industrielle et Mandataire Européen en droit des Marques et Modèles.

Un grand groupe du secteur de l’eau et de l’énergie m’a ensuite sollicitée afin de mettre en place une stratégie de PI au sein de la holding.

Forte de ces dix années d’expérience, j’ai souhaité compléter ma formation par un MBA créé sous l’égide de Cartier®, afin de bien connaître les spécificités du secteur du luxe.

J’ai enfin créé le Cabinet LOUISANA® en février 2011.

♦  Quelles ont été les motivations qui vous ont poussées à exercer cette activité dans le domaine du luxe ?

Une motivation très humaine : celle d’une affinité personnelle avec les valeurs de qualité, d’exigence, et de pérennité qui font la force de ce secteur.

“La société évolue souvent beaucoup plus vite que le droit qui la reflète.”

♦  Quelles sont d’après vous les qualités et les compétences nécessaires pour exercer cette profession ?

La profession de juriste nécessite de la rigueur, de l’analyse, une aisance rédactionnelle, mais également une très grande ouverture d’esprit et une capacité d’adaptation au changement. La société évolue souvent beaucoup plus vite que le droit qui la reflète.

♦  Pourquoi avez-vous décidé de créer votre propre cabinet ?

Afin d’avoir toute l’indépendance nécessaire pour donner à mes clients le meilleur conseil.

“Nous assistons une clientèle très variée, issue de secteurs d’activité très différents.”

♦  En quoi consiste exactement votre activité professionnelle ?

Nous assistons une clientèle très variée, issue de secteurs d’activité très différents, – le luxe bien sûr-, mais également d’autres secteurs de l’industrie et des services, tels que l’agro-alimentaire, les services financiers, les assurances, ou encore l’édition.

Nous accompagnons cette clientèle dans l’élaboration de leur stratégie de propriété intellectuelle. Nous les aidons à répondre aux questions fondamentales que sont :

-        que protéger et selon quelle finalité ?

-        par quels moyens et sur quels territoires ?

-        avec quel budget et selon quelle évolution ?

Sur la base de ces réponses, nous créons ou optimisons le portefeuille de droits. Puis nous suivons son évolution en prévenant les attaques dont il peut faire l’objet (opposition, action en nullité ou en déchéance), et en utilisant ces droits contre des tiers qui viendraient à les enfreindre.

Nous intervenons également dans l’évaluation de la valeur juridique et économique de ce portefeuille,  ainsi que dans la négociation et la rédaction des contrats ayant pour objet ces droits. Il s’agit de contrats tels que : accord de licence, franchise, contrat de cession, mais également accord de confidentialité, contrat de coopération, contrat de communication de savoir-faire, contrat du créateur etc…

♦  Quelles prestations proposez-vous à vos clients ?

Au stade de la constitution du portefeuille, nos prestations couvrent les recherches d’antériorités, les avis de validité et de disponibilité, le dépôt et le suivi des procédures d’obtention de titres en tous pays, les réponses aux courriers des offices, le paiement des taxes et redevances, la surveillance des dépôts de tiers.

Au cours de l’exploitation du portefeuille, nous procédons à son audit juridique, à la rédaction des contrats d’exploitation,  ainsi qu’à la négociation précontentieuse et suivi du contentieux avec l’avocat.

Nous répondons également sur des points juridiques précis que nous soumettent les juristes d’entreprise, et participons à des missions de sensibilisation à la propriété intellectuelle en entreprise.

“L’importance vitale de l’image de marque…au cœur même de leur modèle économique”

♦  Le domaine du luxe diffère-t-il des autres domaines ou a-t-il des particularités, en termes de PI ?

Le secteur du luxe est très vaste, et recouvre aussi bien la couture, la joaillerie, la maroquinerie, la parfumerie, que la gastronomie, l’hôtellerie ou encore la navigation de plaisance.

Toutefois, un point commun réunit ces activités : l’importance vitale de l’image de marque. Les sociétés exerçant dans ce secteur portent donc une attention toute particulière à la constitution et à la valorisation de leurs portefeuilles de marques et de modèles, qui sont au cœur même de leur modèle économique.

♦  D’après vous, pourquoi l’industrie du luxe est-elle celle qui subit le plus la contrefaçon ?

La contrefaçon affecte malheureusement tous les secteurs d’activité, de la pharmacie au jouet en passant par l’automobile, les cigarettes, la musique, les films… C’est un phénomène mondial et multisectoriel.

Mais il est vrai que le secteur du luxe demeure celui qui, en termes de valeur, reste le premier touché, la valeur des produits saisis en douanes dans ce secteur dépassant chaque année le milliard d’euros selon les chiffres de l’Organisation Mondiale de Douanes.

J’y vois trois explications :

La première est historique : jusque dans les années 80, la contrefaçon affectait de façon quasi exclusive les marques de luxe ayant une forte visibilité commerciale grâce à des logos connus. Ce n’est que dans les années 90, suite à la rétrocession de Hong-Kong à la Chine, qu’elle s’est considérablement diversifiée, touchant de nouveaux secteurs d’activité ;

La seconde est économique : la valeur ajoutée immatérielle contenue dans un produit de luxe est considérablement élevée. Vous incorporez cette valeur immatérielle dans un produit matériel médiocre et le tour est joué. Les accessoires de mode notamment sont relativement faciles à reproduire, faciles à distribuer plus grand nombre grâce à l’attractivité de la marque ;

La troisième est malheureusement culturelle : acheter un objet contrefaisant une marque de luxe n’est pas considéré comme dévalorisant, toutes catégories sociales confondues, ni comme risqué sur le plan de la santé, contrairement au médicament par exemple.

“La sensibilisation du consommateur est aussi à améliorer”

♦  Pensez vous qu’il existe des solutions efficaces pour y remédier ?

L’outil législatif en France et en Europe est conséquent. Au plan international, la signature récente d’un important traité renforce encore les moyens juridiques à la disposition des titulaires de droits.

La difficulté réside surtout dans le travail de terrain : repérer les lieux de production et de stockage, intercepter les filières de distribution, saisir les marchandises en douane. Une étroite coopération avec les autorités locales est indispensable dans ce cas, et il est nécessaire de l’entretenir constamment.

La sensibilisation du consommateur est aussi à améliorer, même si de nombreuses campagnes d’information sont menées notamment par l’INPI et l’Union des Fabricants dont il convient de saluer les actions. 

♦  Quel est le comportement des industries du luxe vis-à-vis de la PI ? L’utilisent-elles à bon escient ?

Les grands groupes européens du luxe, notamment français, ont parfaitement intégré la propriété intellectuelle dans leur stratégie, parfois très précocement dans l’histoire de la société (la fameuse toile monogramme a été créé au XIXième siècle comme garantie d’origine face à la copie) et n’hésitent pas à recourir à des spécialistes.

Les sociétés de taille plus petite, notamment familiales, nombreuses dans le luxe, concentrent leurs efforts sur la création et la fabrication du produit, ainsi que sur son développement commercial. Nous sommes là pour les aider à rester vigilantes aux aspects concernant la propriété intellectuelle.

“La constitution d’un patrimoine de propriété intellectuelle est un investissement de long terme… Sa rentabilité peut être excellente si cet investissement est bien pensé et bien géré.”

♦  Sentez-vous des évolutions dans votre domaine d’activité, au fil des ans ?

Oui, tout d’abord un constat positif : en France, les entreprises n’ignorent plus désormais l’existence de la propriété intellectuelle et en connaissent les principaux mécanismes. J’associe cette prise de conscience à l’apparition d’Internet qui a massifié la diffusion d’objets de contrefaçon, faciliter le piratage d’œuvres audiovisuelles et l’atteinte à la marque via diverses formes de cybersquatting.

Une ombre cependant sur ce constat : la dépense nécessairement générée par la constitution et la gestion du portefeuille, ou même la rédaction d’un bon contrat, est encore trop souvent perçue comme une charge par l’entreprise, qu’elle sera tentée d’éviter ou d’amoindrir.

Or, la constitution d’un patrimoine de propriété intellectuelle est un investissement de long terme, au même titre que l’achat de matériel ou d’immeuble. Sa rentabilité peut être excellente si cet investissement est bien pensé et bien géré. C’est là toute la valeur ajoutée du Conseil en Propriété Industrielle.

SIMODORO remercie Clarisse Le Salver pour avoir pris le temps de répondre à ces questions et lui adressons tous nos vœux de succès.

Depuis quelques mois, est lancée une véritable chasse aux brevets de la part de sociétés de télécommunications et nouvelles technologies.

A l’heure actuelle, une constatation s’impose : alors que les marchés financiers font grise mine, le marché de la propriété industrielle est en plein essor. D’un côté, GOOGLE vient d’acquérir 17 000 brevets de MOTOROLA, pour la somme de 8,7 milliards d’euros, tandis qu’APPLE en a acheté au groupe NORTEL pour 2,6 milliards. De l’autre côté, KODAK a mis en vente 10% de ses brevets, qui sont évaluées à 3 milliards de dollars.  

Une telle accumulation de brevets par ces sociétés n’est évidemment pas anodine. Ces brevets sont à la fois des armes défensives et des armes offensives. Principalement, ils permettent aux sociétés titulaires d’attaquer en justice des concurrents qui utiliseraient de manière illégale des technologies couvertes par ces brevets. Les sommes récupérées par ce biais pourraient s’avérer colossales.

Le principe est de privilégier les sociétés ayant, d’une part, des portefeuilles brevets bien garnis et, d’autre part, une décote boursière. KODAK illustre bien cette situation puisque 10% de ses brevets sont estimés à 3 milliards de dollars alors que sa capitalisation boursière est de 772 millions de dollars. ALCATEL-LUCENT et TECHNICOLOR sont dans la même situation que KODAK, ce qui est susceptible d’intéresser les géants tels que GOOGLE ou APPLE. Le premier, ALCATEL-LUCENT, a un portefeuille brevets valorisé à 9 milliards de dollars pour une capitalisation boursière de 5,6 milliards de dollars ; Le second, TECHNICOLOR, a un actif net évalué à 2,3 milliards d’euros et une capitalisation boursière de 800 000 millions d’euros.

Pour acquérir des brevets, il est également possible, au lieu de les acheter directement aux sociétés les ayant déposés, de passer par des fonds comme le fonds Invesco Pan European Equity. Ce fonds investi dans les entreprises ayant des décotes boursières, et plus particulièrement celles déposant beaucoup de brevets comme les groupes pharmaceutiques (ROCHE et NOVARTIS) et les entreprises dans le domaine de la défense (GROUPE SAFRAN).

De là, il est possible d’établir un parallèle avec le fonds France Brevets (voir notre article du 1er juillet sur le blog de SIMODORO), lancé en juin dernier et qui risque également de susciter une ruée vers les brevets.

Source : DE LA ROCQUE JP. Pourquoi cette chasse au brevet. p110. Challenges n°267. 8.09.2011

“Il ne s’agit pas, bien sûr, d’opposer à ce catastrophisme permanent, un angélisme béat et naïf, mais de sortir de l’alternative stérile entre attitude « pessimiste » ou «optimiste» face à l’avenir, et de la remplacer par une approche réaliste, lucide, pragmatique et constructive. Car des faits positifs existent, en masse, dans la vie quotidienne du monde : découvertes déterminantes pour le futur, créations collectives, solidarités, générosités, bénévolat, liens transculturels, etc. Il faut aussi savoir les mettre en avant. La mémoire n’est pas seulement mémoire de survie, elle est aussi mémoire de création. Les faits positifs, reliés entre eux, nous aident à avoir l’envie de construire demain, les mois qui viennent, l’avenir.” Joël de Rosnay

 

Après 9 mois de débat entre le sénat et l’assemblée  nationale la nouvelle loi relative  à la bioéthique a été adoptée par le parlement français et  promulguée le 8 juillet 2011. Cette loi va permettre   d’adapter la réforme de 2004 issus des lois de 1994 et ainsi d’adapter la législation aux  évolutions de la recherche et de la science en générale.

Nouvelles dispositions

Les principaux apports de cette nouvelle loi sont de permettre le don d’organe croisé (dont la première expérience aux Etats Unis date de 2003 !) ainsi qu’une plus grande sensibilisation de la population à ce don.

En matière de don de gamètes, l’accès à l’identité du donneur pour les personnes issues de ce don, sera possible  tout en laissant  le choix au donneur  de préserver son anonymat.

L’aide médicale à la procréation quant à elle à  été  rendue accessible aux couples pacsés sous réserve que cette aide soit apportée  aux couples dont l’état pathologique le nécessite (excluant toujours les couples homosexuels). Par ailleurs, aucune évolution n’a été apportée sur  la possibilité de recours à une mère porteuse.

Recherche sur les cellules souches et embryonnaires

La question posée  par cette recherche était un des points les plus attendu lors de la révision de cette loi. Après de très longs débats il a été décidé de maintenir l’interdiction de se livrer à des recherches sur les cellules souches et embryonnaires. Toutefois la nouveauté étant que cette recherche peut bénéficier d’un régime dérogatoire si elle satisfait à plusieurs critères essentiels, notamment des critères relatifs à la  pertinence du projet de recherche, à la possibilité d’aboutir à des progrès médicaux majeurs, à l’impossibilité d’utiliser une autre méthode de recherche ainsi qu’au  respect des principes éthiques.

Le brevet et cellules souches embryonnaires

En matière de brevets la Cour de Justice de l’Union Européenne  par la directive 95/44 prévoit  que les inventions dont l’exploitation commerciale serait contraire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs sont exclues de la brevetabilité. L’article 6 de cette même directive cite comme exemple  l’utilisation d’embryons humains à des fins industrielles ou commerciales ainsi que la destruction d’embryons humains, et leur utilisation comme matériau de départ dans un procédé technique (hormis dans le cas ou les seules inventions ayant un objectif thérapeutique ou de diagnostic qui s’appliquent à l’embryon humain et lui sont utiles) comme exemple d’inventions qui ne sont pas brevetables. Cette nouvelle loi bioéthique est donc en accord avec la législation européenne en matière de brevetabilité des cellules souches et embryonnaires.

Par Simon TRIBY

 

Le 9 juin a eu lieu le lancement du premier fonds public dédié à la valorisation des brevets français. Ce fonds, doté de 100 millions d’euros et basé sur le modèle américain est une première en Europe.

Lancé officiellement le 9 juin 2011, ce fonds a pour objectif d’acquérir des brevets pour établir un portefeuille brevets. Ces brevets peuvent provenir aussi bien de grandes entreprises que de PME ou encore d’organismes publiques, tous ayant pour point commun de ne pas ou peu utiliser ces brevets.

L’acquisition de ces brevets par France Brevets pourra se faire grâce à la cession de la propriété du brevet par le détenteur, à la concession d’une licence ou plus simplement par un mandat de valorisation. En cas d’acquisition d’un brevet par concession de licence, France Brevets pourra également concéder des sous-licences et dans le cas du mandat de valorisation, le détenteur du brevet recevra une commission si la valorisation du ou des brevets est un succès.

Cette acquisition massive de brevets, regroupés et agrégés par domaine technologique, est censée permettre une optimisation de leur valorisation. Ce sera également un moyen pour les PME de rentabiliser et de profiter au maximum de leurs brevets.  

A l’heure actuelle, le fonds cherche à acquérir prioritairement des brevets portant sur des domaines tels que les nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’aéronautique, l’espace ou encore la chimie et les matériaux.

Cependant, des doutes subsistent quant à l’utilisation loyale de ces agrégats de brevets par leurs éventuels acheteurs. Un brevet est en effet un outil permettant de marquer son territoire et la concurrence par la même occasion, un ensemble de brevets du même domaine technologique peut ainsi apparaître comme une arme de destruction massive pour la concurrence de l’acheteur de ce lot de brevets.

France Brevets est détenu par moitié par l’Etat et par la Caisse des Dépôts et Consignations. Les 100 millions d’euros dont il sera doté à terme proviennent du grand emprunt.

C’est l’ancien directeur de la technologie de Thomson, Jean-Charles Hourcade, accompagné de deux collaborateurs, qui va diriger France Brevets.

Pour déceler les entreprises détenant des brevets potentiellement valorisables par France Brevets et pour aider le fonds dans la gestion de la valorisation, deux partenariats ont été mis en place, respectivement avec Oséo et l’INPI.

Par ailleurs, ce fonds vient s’ajouter aux structures de valorisations déjà existantes et également aux futures Sociétés d’Accélération de Transfert de Technologie (SATT), elles aussi initiées lors du grand emprunt.

Enfin, ce fonds français, pionnier en son genre sur le Vieux Continent, a toutes les chances d’attirer l’attention car l’Europe envisage elle aussi de créer un fonds sur ce modèle.

© SIMODORO